Pourquoi le chat s’impose comme l’animal préféré devant le chien ?

En France, on compte environ deux matous pour un toutou. Non seulement le chat a détrôné le chien comme roi des animaux de compagnie, mais il est en train de lui ravir ses traits de comportement.

Longtemps considéré comme un animal distant, voire indomptable, le chat s’impose aujourd’hui comme le chouchou des foyers français… et il change, lui aussi. Plus câlin, plus joueur, plus présent : serait-il en train de devenir un chien comme les autres ? Ce phénomène étonnant, que les spécialistes appellent déjà le « chat-chien », bouleverse notre rapport à l’animal de compagnie. D’où vient cette métamorphose comportementale ? Pourquoi les chats d’aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’hier ? Et comment ce changement en dit long sur l’évolution de nos modes de vie ?

Décryptage d’un succès félin pas si ronronnant, entre éthologie, histoire et nouvelles attentes sociétales, avec Éric Baratay, professeur d’histoire contemporaine à l’université Jean-Moulin Lyon III et auteur de Cultures Félines (Ed. Seuil, 2021).

Ça m’intéresse : notre rapport au chat a-t-il beaucoup changé dans le passé ?

De tous nos compagnons, c’est celui qui a connu l’histoire la plus tourmentée. Il est passé d’un statut très positif sous l’Antiquité égyptienne à une vision beaucoup plus distante à l’époque romaine. Sa réputation s’est ensuite dégradée au Moyen Âge, jusqu’à devenir, au début de l’Époque moderne, un agent du diable ! Son image s’est améliorée petit à petit… il est aujourd’hui l’animal de compagnie favori.

Ça m’intéresse : comment a-t-il détrôné le chien ?

D’abord, en ville, l’acceptation du chien s’est réduite : il y a la contrainte quotidienne de le sortir ; le risque qu’il aboie durant notre absence, sans parler de ses excréments, fléau contre lequel les municipalités se battent. Tout cela n’est pas très confortable pour certains maîtres, pour qui le chat semble bien plus facile à vivre. Ensuite, nous voulons désormais des chats joueurs, solliciteurs, etc. On attend d’eux qu’ils se comportent tels des chiens, qu’ils aient des échanges plus riches avec tous les membres de la famille. Et ils le font de plus en plus, les éleveurs favorisant les individus les plus adaptés à cette nouvelle attente.

Ça m’intéresse : pourquoi cette évolution a-t-elle démarré dans l’hémisphère Sud ?

Dès les années 1990, l’Australie et la Nouvelle-Zélande se sont souciées des dégâts commis par leurs chats sur la biodiversité, en particulier sur les oiseaux. Leurs gouvernements ont donc demandé aux propriétaires de garder leurs félins chez eux, de ne plus les faire sortir la nuit, de les promener en laisse, etc. Or des chats bloqués à la maison, il faut s’en occuper davantage. Cela crée un rapprochement, d’autant que ces pays ont une conception avancée du bien-être animal. Après un détour par les États-Unis, cette tendance a désormais atteint l’ouest de l’Europe. C’est ce que j’appelle l’avènement du « chat-chien » !

Les Adventure Cats : ces chats explorateurs qui font sensation sur les réseaux

Certains matous ont cessé de jouer les « patates de canapé » pour courir les rivières, les campings ou les sentiers de montagne, en compagnie de leur propriétaire. Ces chats aventuriers, ou Adventure Cats, s’appellent Kodiak, L ou Teddy et attirent par milliers les followers sur les réseaux sociaux. Sur la Toile, quantité de sites expliquent aux internautes intéressés par ce mouvement comment initier leur animal favori. Trois conseils à retenir : les habituer tôt au harnais ; avoir beaucoup de patience ; et, surtout, bien respecter leurs limites.

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Source : ça m’intéresse

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