Avoir un chat en etant enfant augmenterait-il le risque de schizophrénie découvrez la vérité

Une étude australienne publiée en décembre 2023 dans la revue Schizophrenia Bulletin met en lumière un lien potentiel entre la possession d’un chat durant l’enfance et un risque accru de développer une maladie mentale rare, la schizophrénie.

Les chercheurs ont analysé des données recueillies depuis les années 1980 dans plusieurs pays. Leur conclusion : le risque de développer cette maladie pourrait être environ doublé chez les personnes ayant été exposées à un chat avant l’âge de 25 ans. Au cœur de cette hypothèse se trouve un parasite très courant, le Toxoplasma gondii, qui pourrait agir silencieusement sur le cerveau humain.

Un risque accru mais rare

La schizophrénie, ainsi que ses formes apparentées, reste une maladie rare. Elle touche environ 0,5 % de la population au cours de la vie. Selon cette méta-analyse dirigée par le Dr John McGrath, l’exposition aux chats durant l’enfance est associée à un risque environ deux fois plus élevé. Le parasite Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose, est considéré comme le principal suspect dans cette relation.

Une étude qui rassemble plusieurs travaux

Les chercheurs ont examiné 17 études réalisées entre 1980 et 2023 dans 11 pays. En regroupant ces travaux, ils ont obtenu un odds ratio d’environ 2,2. Cela signifie que les personnes ayant vécu avec un chat avant 25 ans ont environ deux fois plus de risques de développer une schizophrénie. La période entre 9 et 12 ans semble particulièrement sensible, car le cerveau y est encore en plein développement.

Il est important de préciser que la schizophrénie reste rare. Si le risque moyen dans la population générale est d’environ 0,5 %, il pourrait atteindre 1 % chez les personnes exposées à un chat tôt dans la vie. Autrement dit, pour la majorité des propriétaires de chats, ce facteur ne suffira pas à déclencher la maladie.

Le rôle du parasite Toxoplasma gondii et autres pistes

Le chat pourrait simplement être un vecteur d’infection. Le parasite Toxoplasma gondii infecte environ un tiers de la population mondiale. Il se transmet par les excréments, le sol contaminé ou la viande mal cuite, pas uniquement par la litière. En France, des études indiquent qu’environ 40 % des adultes ont déjà rencontré ce parasite, ce qui explique le dépistage systématique durant la grossesse.

Une étude menée aux États-Unis sur 354 étudiants en psychologie, rapportée par Futura-Sciences, n’a pas trouvé de lien direct entre la possession de chats et la schizophrénie. Cependant, elle a observé des scores plus élevés de schizotypie chez les personnes mordues ou exposées à la salive du chat, évoquant la bactérie Pasteurella multocida.

Conseils pour les propriétaires de chats

Les auteurs de la méta-analyse rappellent qu’ils ont identifié une association, mais pas une relation de cause à effet. De plus, plusieurs facteurs sociaux ou médicaux peuvent expliquer ce lien, et dans certains cas, le rapport disparaît après leur prise en compte.

Pour réduire tout risque, il est conseillé aux propriétaires de chats de maintenir une hygiène rigoureuse : litière propre, lavage des mains, éviter de donner de la viande crue à leur animal, et consulter régulièrement un vétérinaire. Une vigilance particulière est recommandée chez les femmes enceintes.

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