SPA : Stop à l’adoption irresponsable et au commerce des animaux

La lutte de la SPA contre l’adoption irresponsable et le commerce des animaux

Adopter un chien ou un chat ne doit pas se faire à la légère. La Société Protectrice des Animaux (SPA) met en garde contre la tendance à acheter ces animaux comme on achète une nouvelle lampe. Jacques-Charles Fombonne, président de l’association, explique les enjeux actuels de son combat.

Prendre soin d’un animal demande du temps, de l’argent et parfois des sacrifices. Pourtant, en France, entre 200 000 et 300 000 animaux sont abandonnés chaque année, principalement en été. Beaucoup de ces abandons concernent des animaux devenus un obstacle pour les vacances ou leur propriétaire.

La SPA ne se limite pas à recueillir ces animaux abandonnés. Elle lutte aussi contre les achats impulsifs qui conduisent souvent à la maltraitance ou à l’abandon. Une loi, votée en 2021 et entrée en vigueur début 2024, interdit la vente de chiens et de chats dans les animaleries. Mais pour Jacques-Charles Fombonne, ce n’est qu’un début. Son combat se poursuit contre un autre phénomène : les salons du chiot et du chaton.

Les salons du chiot : une vente comme une marchandise

Dans ces salons, les animaux sont souvent présentés comme des produits marketing, avec peu de considération pour leur bien-être. Les vendeurs jouent sur l’émotion pour convaincre les acheteurs, qui craquent face à ces adorables chiots ou chatons âgés de quelques semaines. Cependant, une grande partie des nouveaux propriétaires ne mesurent pas les responsabilités liées à l’éducation et aux soins de ces animaux.

Les chiffres sont alarmants : selon une étude de l’association Argos 42, près de la moitié des animaux achetés dans ces salons (47,7 %) sont abandonnés ou maltraités dans les mois qui suivent. Environ 35 % des chiots vendus meurent peu après leur achat, faute de soins appropriés ou en raison de mauvaises conditions d’élevage.

Les risques liés à l’achat impulsif

Jacques-Charles Fombonne témoigne que certains propriétaires ramènent leur chien le lendemain de l’achat, après avoir été trompés sur la race ou ses besoins. Il cite un exemple où un vendeur minimisait la taille ou les besoins d’un Cane corso, un chien pouvant atteindre 60 kilos à l’âge adulte. Ceux qui s’engagent sans information suffisante se retrouvent souvent dépassés, et la SPA doit intervenir pour récupérer ces animaux.

Depuis octobre 2022, un certificat d’engagement et de connaissance est obligatoire pour toute adoption. Ce document vise à éviter les achats impulsifs et à responsabiliser les acheteurs. Cependant, certains vendeurs dans les salons tentent d’éviter cette procédure, notamment en antidatant le certificat ou en laissant entendre que l’achat peut se faire rapidement sans réflexion.

Un combat législatif pour mieux protéger les animaux

Soutien de la SPA, deux propositions de loi ont été déposées à l’Assemblée nationale pour interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons. La première en juillet 2025, la seconde en mars 2026, rappellent que ces événements sont souvent source de stress pour les animaux, qui subissent un sevrage prématuré, un manque de soins et des conditions d’élevage défavorables.

Ces pratiques, selon les propositions, mettent également en danger la santé des animaux et trompent les familles qui pensent adopter un compagnon en bonne santé. Les frais vétérinaires et le risque de perte rapide de l’animal sont des conséquences fréquentes pour ceux qui achètent dans ces salons. L’objectif est donc de mieux protéger tant les animaux que les futurs propriétaires contre la « tromperie commerciale » et la souffrance.

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