Chats ou chiens : qui rendrait ses propriétaires plus heureux ?

La rivalité « chat » contre « chien » est souvent évoquée, que ce soit sur les réseaux sociaux ou au café. Le psychologue américain Mark Travers, qui a synthétisé plusieurs études pour le magazine Forbes, s’est penché sur la question : les propriétaires de chiens seraient-ils plus heureux que ceux qui vivent avec un chat ? Les données disponibles montrent un léger avantage pour les propriétaires de chiens, mais la réponse n’est pas si simple.

En effet, derrière l’idée que « les chiens rendent plus heureux que les chats », se trouvent des enquêtes à grande échelle, des tests de personnalité et aussi des stéréotypes sociaux. Travers insiste : le choix de l’animal compte, mais la personnalité du maître, son mode de vie ou encore la perception sociale ont aussi leur importance. Tout cela peut remettre en question certaines idées reçues, des deux côtés du collier.

Que disent les études sur le bonheur et les animaux de compagnie ?

Les résultats du General Social Survey (GSS), une grande enquête sociologique menée par le NORC à l’Université de Chicago, ont relancé le débat. En 2018, 36 % des propriétaires de chiens se disaient « très heureux », contre seulement 18 % des propriétaires de chats. Parmi les foyers sans animal, ce taux était de 32 %, tandis que ceux qui possédaient à la fois un chien et un chat atteignaient 28 %. L’écart de bonheur entre propriétaires de chiens et de chats est comparable à celui observé entre différentes classes sociales.

Une autre étude publiée en 2016 dans la revue Anthrozoös confirme cette tendance : les propriétaires de chiens obtiennent de meilleurs scores de bien-être sur presque tous les indicateurs, comparés aux maîtres de chats. De leur côté, une recherche dans Frontiers in Psychology, basée sur des milliers de données, montre que les propriétaires de chiens ont une estime de soi plus élevée que les non-propriétaires, alors que celle des maîtres de chats est légèrement plus faible. Travers rappelle cependant que ces études montrent des corrélations, sans prouver de lien de cause à effet.

Les raisons possibles de cet avantage chez les propriétaires de chiens

Une piste majeure concerne l’activité physique. Une étude parue dans PLOS ONE indique que posséder un chien encourage davantage la marche et les sorties quotidiennes. Aller au parc, suivre une éducation canine ou simplement marcher plusieurs fois par jour permet d’être plus exposé à la lumière, de réduire le stress et de multiplier les rencontres sociales, autant d’éléments favorables au bien-être psychologique.

De plus, la relation avec un chien semble plus dynamique. Selon Futura-Sciences, 76 % des maîtres de chiens jouent avec leur animal, contre 65 % pour les propriétaires de chats. Ceux-ci cherchent aussi plus souvent du réconfort auprès de leur chien. Enfin, une majorité de propriétaires considèrent leur chien comme un membre de la famille, et pour beaucoup, leur chien occupe une place centrale dans leur vie.

Profil des propriétaires : un regard nuancé

Le profil psychologique des propriétaires montre aussi des différences. Selon une étude dans Human–Animal Interaction Bulletin, les « dog people » sont généralement plus extravertis, chaleureux, consciencieux et tournés vers le groupe. Les « cat people », en revanche, sont souvent plus créatifs, sensibles, indépendants, avec une intelligence légèrement supérieure, mais aussi plus sujets aux émotions négatives. Ainsi, le type d’animal ne favorise pas le même impact selon la personnalité de chacun.

Des analyses suggèrent également que les hommes ayant un chien ont une meilleure estime d’eux-mêmes que ceux qui n’ont pas d’animal. Chez les femmes, posséder un chat pourrait être associé à une estime de soi plus faible, influencée par des stéréotypes sociaux. Le choix de l’animal doit donc aussi prendre en compte sa compatibilité avec sa personnalité et son mode de vie. Quelques questions peuvent aider à faire ce choix :

  • Ai-je envie de sortir régulièrement, peu importe la météo, pour marcher avec un animal ?
  • Les contacts avec des inconnus me stimulent-ils ou m’épuisent-ils ?
  • Préférerais-je l’action et l’interaction ou le calme et la présence discrète ?

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