Rats pygmées porteurs d’hantavirus : un danger dans nos montagnes

Les rats pouvant transmettre l’hantavirus

Les principaux réservoirs de l’hantavirus sont des petits rongeurs sauvages appelés rats pygmées des rizières à longue queue. Originaires d’Amérique du Sud, ils vivent principalement dans les montagnes du sud du continent, notamment au Chili, en Argentine et en Patagonie.

Une étude publiée en 2009 dans le Journal of Virology a montré que près de 6 % de ces rats capturés portaient le virus. Ces rongeurs mesurent en moyenne 22 centimètres de long, dont 13 centimètres pour la queue. Ils habitent en majorité dans les forêts, les sous-bois ou les broussailles, préférant les environnements humides proches des plans d’eau. En général, ils vivent loin des habitations et des zones agricoles.

Les risques de transmission

Chez l’homme, la transmission de l’hantavirus se fait principalement par inhalation de poussières ou d’aérosols contaminés par les excréta des rongeurs, tels que leurs urines, déjections ou salive. La contamination ne se transmet habituellement pas d’une personne à une autre, sauf dans des cas exceptionnels.

Les hantavirus ne présentent pas tous le même danger. On distingue deux grands groupes : ceux de l’Ancien Monde (Europe, Asie, Afrique) et ceux du Nouveau Monde (Amérique). Les premiers provoquent surtout des fièvres hémorragiques avec syndrome rénal, avec une mortalité généralement faible. En France, par exemple, l’hantavirus Puumala, transmis par le campagnol roussâtre, est le plus fréquent. Il cause des formes bénignes, souvent sans gravité.

Les virus du Nouveau Monde, eux, sont souvent portés par d’autres espèces de rongeurs. Ils peuvent entraîner des syndromes cardio-pumonaires graves, avec des atteintes cardiaques importantes. La souche «Andes», présente notamment en Patagonie, est la seule connue capable de se transmettre d’un humain à un autre. La létalité peut atteindre 60 %. La transmission interhumaine de cette souche est rare mais a été confirmée lors d’épidémies, notamment en Argentine en 1996.

Les cas en lien avec les rats pygmées

Les rats pygmées à longue queue jouent un rôle clé dans la circulation de cette souche «Andes». Selon une étude de 2009, environ 6 % de ces rongeurs portaient le virus. Ces petits animaux vivent généralement dans la nature, dans des habitats humides et proches de l’eau, et évitent en principe les zones habitées ou agricoles.

Chaque année, une centaine de cas d’hantavirus des Andes est recensée en Argentine. Entre 2018 et 2019, 11 personnes sont mortes dans le village d’Epuyen, en Patagonie. Dans cette région, appelée la « comarca andina », les habitants ont appris à cohabiter avec le virus, en aérant fréquemment leurs garages et hangars ou en les désinfectant à l’eau de Javel pour éviter la contamination.

Laisser un commentaire