Abandon d’animaux : un fléau souvent justifié par leurs propriétaires
Les abandons d’animaux : une réalité complexe
Chaque année, la SPA recueille plus de 40 000 animaux abandonnés. Parmi eux, une grande partie est déposée directement par leurs propriétaires au refuge. Jacques-Charles Fombonne, président de l’association, explique comment se déroulent ces abandons dits « éthiques ».
En France, on estime entre 200 000 et 300 000 le nombre d’animaux abandonnés chaque année. Les chiffres varient selon les organismes, qui utilisent des méthodes différentes pour comptabiliser ces abandons. En 2025, la SPA a recueilli 42 373 animaux, dont deux tiers de chats, un tiers de chiens, ainsi qu’environ 3 000 nouveaux animaux de compagnie (NAC) et quelques centaines d’équidés.
Deux types d’abandons selon la loi
Selon la loi et la SPA, il existe deux types d’abandons. Les premiers, condamnables, sont ceux que l’on imagine tous : abandons au bord de la route ou en forêt. Ces actes sont passibles de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. En cas de circonstances aggravantes, comme la mort de l’animal, la sanction peut atteindre cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.
Les seconds sont dits « éthiques » : il s’agit lorsque le propriétaire confie volontairement son animal à un refuge. Selon la législation, ce transfert de propriété n’est pas considéré comme un abandon au sens pénal. C’est simplement un transfert pour des raisons personnelles, par exemple un déménagement ou un changement de logement. Jacques-Charles Fombonne précise que dans ce cas, il ne s’agit pas d’un abandon répréhensible, mais d’un acte motivé par des contraintes personnelles.
Les motivations derrière l’abandon « éthique »
Il est évident que déposer un animal dans un refuge est mieux que de le laisser à la rue, où il pourrait être en danger. Cependant, ce type d’abandon reste un sujet sensible. La peur d’être jugé ou d’avoir honte constitue souvent un frein à cette démarche. Beaucoup de maîtres hésitent à confier leur animal à une association par crainte de la critique ou de la leçon.
Pour cette raison, la SPA a adopté une politique particulière : elle ne demande jamais pourquoi les propriétaires abandonnent leur animal. Selon eux, les raisons sont souvent fausses ou exagérées. La seule réponse que la SPA attend, c’est un simple « merci » pour avoir confié l’animal plutôt que de le laisser au bord de la route. Ce message vise à responsabiliser, même si l’acte de déposer un animal dans un refuge peut parfois rester une solution difficile à accepter pour certains.
Les enjeux de l’identification et la réalité des abandons
Le président de la SPA rappelle qu’il y a très peu d’abandons au bord de la route. La loi impose en effet l’identification des animaux domestiques. Près de 95 % des chiens sont identifiés, ce qui rend leur abandon plus difficile. Chez les chats, cette pratique est moins répandue, ce qui complique la tâche. De plus, la menace d’une amende pouvant atteindre 45 000 euros dissuade souvent les propriétaires.
Selon Jacques-Charles Fombonne, l’abandon se fait souvent « à contre-cœur », quand le propriétaire ne peut plus prendre soin de son animal en raison d’un accident ou de difficultés financières.
Une motivation émotionnelle souvent forte
Une étude Ipsos pour Santévet montre que plus d’un Français sur quatre a déjà renoncé à sortir, partir en vacances ou acheter des vêtements pour son animal. Le président de la SPA souligne que c’est une décision difficile, souvent liée à des sacrifices personnels, comme se priver de manger pour nourrir son animal. Lorsqu’un propriétaire dépose son animal à la SPA, il a souvent l’impression que celui-ci lui demande ce qu’il va faire cet après-midi, ce qui montre à quel point l’attachement est profond. La SPA insiste donc sur le fait qu’elle ne demande jamais pourquoi les gens abandonnent leur animal, pour respecter leur intimité et leur dignité.



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