« Au contact de mon chien et mon chat, j’oublie mes douleurs » : 5 femmes racontent comment leurs animaux leur ont redonné goût à la vie
La science n’en finit pas de démontrer les bienfaits de nos compagnons à quatre pattes sur notre santé. Ils diminuent l’anxiété, font baisser la tension artérielle, développent l’empathie chez les enfants. Les propriétaires d’animaux domestiques seraient même en meilleure santé et iraient moins souvent chez le médecin. Cinq femmes nous racontent comment leur fidèle compagnon les a aidées à traverser des épreuves.
« Au contact des animaux, j’oublie mes douleurs d’endométriose »
« C’est normal d’avoir mal pendant ses règles », « prenez du paracétamol, ça va passer »… Pendant des années, les médecins ont minimisé mes douleurs. Tous me disaient que c’était dans la tête, avant que le diagnostic tombe : endométriose. Face à ce manque de considération de mes souffrances, les animaux font preuve de bien plus de discernement. Quand je suis en crise, mes animaux le sentent. Mon dogue argentin, Pote, devient très protecteur, faisant en sorte que personne ne m’approche. A la maison, il met sa tête sur mon ventre, comme s’il avait ciblé la douleur. Mon chat, Karan, est connecté à mes émotions et paraît abattu dès que je ressens de la fatigue. Mes compagnons à quatre pattes sont aussi mes confidents. Je peux mettre des mots sur mes souffrances, alors que je n’ose pas embarrasser mon entourage avec mes troubles. Sans le soutien de mes animaux, je me serai laissée dépérir. Au réveil, j’ai mal au ventre. Le chat saute alors sur mon lit, se met à ronronner, demande des câlins. Ca me booste, je suis obligée de me lever pour m’occuper de mes animaux. L’endométriose m’affecte dans mon quotidien, je dois soupeser chaque geste qui pourrait accentuer mes douleurs (aliments, activité physique). Je suis parfois obligée de refuser des sorties entre amis. En revanche, pendant les balades avec mon chien, je fais abstraction de la maladie. Dans la nature, je le regarde s’amuser et mon cerveau déconnecte, j’oublie les douleurs.
Alison, 33 ans, Méry-sur-Oise (95)
« Mon poney a été une vraie béquille »
A différentes étapes de ma vie, j’aurais pu me perdre. Mon poney m’a structurée. Etalon du poney club, Baron n’avait pas un caractère facile. Il donnait des ruades dès qu’on le montait. Il avait besoin que l’on soit très délicat à ses côtés. Pour moi qui avais du mal à trouver ma place, j’avais l’impression que l’on se comprenait. Je tirais une certaine fierté d’avoir su créer une relation de confiance avec lui d’autant je vivais une période de grande instabilité : père confronté au chômage, ambiance tendue à la maison, difficultés de l’adolescence. Mercredi, week-end, vacances scolaires, je passais mon temps libre au poney-club. Les balades avec Baron représentaient des instants de pur bonheur. Cette relation m’a apporté un équilibre, y compris dans mon hygiène de vie que j’aurais eu tendance à négliger sur le plan alimentaire : monter à cheval demande de l’énergie, de la rigueur. A mes 18 ans, sensible à ma situation, la directrice du centre équestre m’a offert Baron qui avait terminé sa carrière de reproducteur. Cela m’a donné très tôt le sens des responsabilités : cumuler petits boulots et études pour payer les frais, s’en occuper tous les jours malgré la fatigue. Cette expérience a été une vraie leçon de vie : quand on veut quelque chose profondément, peu importe les obstacles, on finit par y arriver. A l’annonce du cancer de mon père, il a été une vraie béquille. Envahie par la colère, j’en voulais à la terre entière. Sentir sa présence à mes côtés, sa chaleur, son odeur, m’a aidée à traverser cette épreuve. Le temps finit par apaiser la douleur mais les animaux nous aident à passer les turbulences.
Caroline, 43 ans, Senlis (60)
« Après une opération, mon chat m’a redonné le sourire »
On m’a enlevé un carcinome sur les lèvres. Les suites opératoires ont été lourdes. Je devais rester la bouche quasi fermée pendant trois semaines, m’alimentant avec une paille. Anticipant l’épreuve que j’allais traverser, isolée sans pouvoir parler, j’ai pris un chaton. Cannelle est arrivée quelques jours avant l’opération. Avec le recul, je peux dire aujourd’hui qu’elle m’a sauvée de la dépression. Ce jeune chaton plein de vie qui ne demandait qu’à jouer a fait diversion et m’a éloigné de mes angoisses, notamment l’appréhension du résultat final de l’opération. Il fallait combler ses besoins de nourriture, d’attention. Je ne pouvais pas parler mais nous communiquions par le toucher. Les séances de caresses chassent toutes les pensées négatives. C’est un moment suspendu, comme une forme de méditation. Elle était toujours collée à moi, m’apportant sa chaleur câline, pendant que je faisais du télétravail. Le chat ne porte pas de jugement, je n’avais pas à me préoccuper de mon apparence physique. A mon retour au bureau, j’ai pris un deuxième chat pour combler son besoin de jeu. Mais Cannelle et moi restons très fusionnelles.
Charlotte, 47 ans, Borest (60).
« Il a tissé un pont vers la réconciliation »
Un soir de septembre 2020, notre chien bouvier a défoncé le portail. Ca a été la première et la dernière fois qu’il a causé des dégâts. Mon mari venait de partir en voiture. Il a été retrouvé inconscient le lendemain. Tentative de suicide. Alors que je n’avais rien vu venir, notre chien avait senti quelque chose. On ne se relève jamais d’une telle épreuve mais notre fidèle compagnon nous a mis du baume au cœur. Il a joué un rôle d’intercesseur. En colère contre mon mari, j’étais rongée par la culpabilité. J’avais envie de l’inonder de questions qui commencent par pourquoi : pourquoi tu as fait ça ? pourquoi tu n’as rien dit ? pourquoi je n’ai rien vu ? La présence de l’animal permet de se passer de mots qui peuvent être blessants ou maladroits. Il nous offre sa candeur, sa bonté, sa présence. Chouchou Calinou (c’est son nom) a réussi à détendre l’atmosphère, il a remis de l’huile dans les rouages. Les balades avec lui évitaient les têtes-à-têtes à haut risque. Notre fidèle compagnon m’a obligé à déposer les armes. Il a retissé les liens qui s’étaient distendus. Il passait de mon mari à moi pour réclamer des câlins. On se faisait passer des messages par son intermédiaire, comme lorsque mon mari lui disait : « Il ne faut pas toujours remuer le passé ». Il a aussi été notre confident. Il est devenu le dépositaire de nos secrets, de nos pensées, de nos espoirs. Il écoutait sans jugement, un peu comme un confessionnal à l’église. Il a joué le rôle de démineur de mauvais sentiments. Grâce à lui, les choses ont fini par se tasser. Il nous a aidés à nous réparer.
Mémona, 74 ans, Capbreton (40), auteure de « Nos animaux nous réparent », Mémona Hintermann (éd. Hugo Doc).
Source : Femme actuelle
Laisser un commentaire