Ce parasite transmis par les chats menace votre vue et passe inaperçu
Ce parasite transmis par les chats, première cause de perte de vision dans le monde
Un parasite microscopique appelé Toxoplasma gondii infecte une personne sur trois dans le monde, souvent sans provoquer de symptômes visibles. À l’origine de la toxoplasmose, cette infection est généralement silencieuse, mais elle peut entraîner de graves complications, notamment au niveau des yeux ou pendant la grossesse. Pourtant, elle reste largement sous-estimée en santé publique.
Chaque année, environ 190 000 bébés naissent avec une toxoplasmose congénitale, ce qui en fait l’infection intraoculaire la plus fréquente dans le monde. Dans ce contexte, des chercheurs appellent à mieux prendre en compte l’impact de cette maladie. Dans un article publié le 25 juin 2026 dans PLOS Neglected Tropical Diseases, ils proposent de classer la toxoplasmose parmi les maladies tropicales négligées de l’OMS, afin d’améliorer la reconnaissance de sa charge mondiale.
Pourquoi ce parasite inquiète-t-il les autorités ?
Selon Justine Smith, ophtalmologiste à la Flinders University en Australie, et João Furtado, ophtalmologiste à l’Université de São Paulo au Brésil, la toxoplasmose remplit les critères pour être considérée comme une maladie tropicale négligée. Elle touche principalement les populations vulnérables, est très présente dans les régions tropicales et subtropicales, et reste évitable, mais encore insuffisamment financée et étudiée.
« La toxoplasmose est la principale infection oculaire et une cause majeure de perte de vision dans le monde, et pourtant elle reçoit peu d’attention dans les priorités de santé mondiale », souligne Justine Smith. Malgré son importance, les moyens consacrés à la recherche sur cette maladie restent faibles, ce qui contribue à sa sous-estimation.
Comment ce parasite se transmet-il ?
Le Toxoplasma gondii se trouve chez les félins, comme les chats, ainsi que chez certains animaux d’élevage. La transmission à l’homme se produit principalement en consommant de la viande crue ou insuffisamment cuite, ou en ingérant des œufs du parasite présents dans les selles de chat. Ces œufs peuvent se retrouver dans la terre, l’eau ou des surfaces contaminées. Pendant la grossesse, une infection peut être transmise au fœtus via le placenta, avec un risque de lésions neurologiques ou oculaires.
Chez la majorité des adultes en bonne santé, la toxoplasmose reste silencieuse ou bénigne. Mais chez les personnes immunodéprimées ou les femmes enceintes non immunisées, elle peut devenir plus grave, touchant le cerveau ou la rétine, et entraîner des complications durables.
Comment se protéger contre cette infection ?
João Furtado rappelle que « la toxoplasmose est souvent considérée comme inévitable, mais ses voies de transmission sont bien connues et elle peut être prévenue et contrôlée ». Les chercheurs insistent sur la nécessité de renforcer le dépistage et la prise en charge, notamment dans les pays où la maladie est la plus répandue. La prévention repose sur des mesures simples : bien cuire la viande, laver soigneusement fruits et légumes, se laver les mains après avoir manipulé des aliments crus, porter des gants lors du jardinage ou du nettoyage de la litière de chat, et améliorer l’accès à une eau potable et à de meilleurs systèmes d’assainissement.
Pour Justine Smith, une meilleure reconnaissance de la toxoplasmose permettrait aux pays d’intégrer davantage sa prévention dans les programmes de santé maternelle et infantile.



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