Découvrez les 3 profils de maîtres d’animaux qui façonnent notre lien avec nos compagnons

Les 3 types de maîtres d’animaux de compagnie

Lorsqu’on se présente comme vétérinaire, journaliste ou professeur, on ajoute souvent en souriant « maman de chat » ou « papa de chien ». Cela détend immédiatement l’atmosphère. La pet-parentalité, c’est-à-dire le fait de considérer son animal comme un quasi-enfant, montre à quel point nos compagnons sont importants dans notre vie.

Dans un article publié le 5 juillet 2025 dans la revue de psychologie américaine Psychology Today, la psychothérapeute Kaytee Gillis décrit trois grands profils de pet-parents. Ces profils vont du gardien très indépendant au parent fusionnel. Connaître son type permet de mieux comprendre l’impact de ce lien sur notre équilibre émotionnel, mais aussi les risques quand l’animal devient notre seule source de sécurité.

Les 3 profils de pet-parents

Le « gardien cool » (Casual Guardian) apprécie son animal, mais chacun mène sa vie. Par exemple, le chat de Michael peut disparaître pendant plusieurs heures ou même plusieurs jours. Son maître se contente de laisser une gamelle en expliquant qu’il « est dans le coin quelque part ». L’animal est nourri, câliné si besoin, mais le quotidien n’est pas centré sur lui. Ce comportement peut refléter une certaine autonomie émotionnelle, tant chez l’humain que chez l’animal.

Le « compagnon dévoué » (Devoted Companion) considère son chien ou son chat comme un membre à part entière de la famille. Par exemple, Erin accroche une chaussette de Noël remplie d’os pour son golden retriever, mais part en vacances avec un pet-sitter. Elle investit beaucoup affectivement : photos, rituels, cadeaux. Cependant, elle garde à l’esprit que l’animal reste… un animal.

Le « parent à 100 % » (Full-On Pet Parent) parle de ses animaux comme de ses « bébés à poils ». Cory, par exemple, considère ses chiens et chats comme ses enfants, avec des rendez-vous chez le vétérinaire aussi importants que des visites chez le pédiatre. Son organisation de vie tourne entièrement autour d’eux. Il peut ressentir une culpabilité intense lorsqu’il doit partir en vacances, craignant de laisser sa chatte Matilda, ce qui peut aussi refléter une peur de l’abandon, surtout après un trauma relationnel.

Quand le lien devient un soutien… ou une source d’angoisse

Partager sa vie avec un animal stimule la production d’ocytocine, l’hormone de l’attachement. Cela favorise aussi la confiance et les confidences. Des études citées par Kaytee Gillis montrent que la présence d’un chien ou d’un chat facilite l’expression des émotions. Pour certaines personnes ayant vécu un trauma, l’animal devient un premier espace sûr pour expérimenter une affection stable et sans jugement.

Mais le lien peut aussi devenir pesant. Se sentir mal à l’aise à l’idée de laisser son animal quelques heures, renoncer systématiquement à sortir ou à partir en vacances, ou ruminer des pensées du type « sans moi, il ne survivra pas » sont autant de signaux d’alarme. La thérapeute souligne que certains patients utilisent leur animal pour apprivoiser leur peur de l’abandon. Cependant, cette même peur peut rendre toute séparation très difficile à supporter.

Pet-parentalité : un lien fort, mais à respecter

Selon une enquête Ipsos menée en janvier 2025 avec l’assureur Santévet, 69 % des propriétaires considèrent leur animal comme un membre de la famille, et 36 % comme un enfant à part entière. Depuis 2015, l’article 515-14 du Code civil définit l’animal comme un « être vivant doué de sensibilité ». Il ne s’agit ni d’un objet, ni d’un humain, mais d’un être à part entière, avec une certaine altérité.

Les vétérinaires soulignent que chiens et chats ont des besoins spécifiques : contact avec leurs congénères, liberté d’explorer, apprentissage de la solitude. Les traiter comme des enfants peut mener à l’anthropomorphisme, c’est-à-dire projeter des émotions humaines sur l’animal, alors qu’il manifeste souvent du stress ou de l’inconfort. L’enjeu n’est pas d’aimer moins, mais d’aimer autrement. Il faut conserver certains rituels qui nous font du bien, accepter de confier ponctuellement son animal, et veiller à ne pas priver l’animal de ses besoins essentiels pour son bien-être.

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