3 secondes de mémoire chez le poisson rouge : cette célèbre croyance est-elle vraiment fondée ?

Trois secondes de mémoire : la formule est passée dans le langage courant. Les expériences menées depuis les années 1960 racontent une autre histoire, celle d’un animal capable de retenir une information pendant plusieurs mois, de reconnaître des repères visuels et d’apprendre à manipuler un dispositif pour obtenir sa nourriture.

Comparer la mémoire de quelqu’un à celle d’un poisson rouge n’a jamais constitué un compliment. Le carassin doré traîne une réputation d’amnésique permanent, réputation qui justifie commodément qu’on le laisse tourner seul dans un bocal. Les travaux disponibles la contredisent sur tous les points.

Le levier de Plymouth

Une équipe de l’université de Plymouth, en Angleterre, a entraîné en une semaine un groupe de poissons rouges à actionner un levier pour obtenir de la nourriture. Les chercheurs ont ensuite réduit progressivement la plage horaire pendant laquelle le dispositif délivrait de quoi manger, jusqu’à la limiter à une seule heure par jour.

Les animaux ont retenu ce créneau et se présentaient au bon moment pour actionner le mécanisme. L’apprentissage portait donc à la fois sur le geste et sur son moment.

Les repères visuels

Le chercheur Kevin Warburton, de l’université Charles Sturt en Australie, a testé une autre capacité, celle de s’orienter à partir d’indices de l’environnement. Son protocole comparait plusieurs groupes placés dans des aquariums identiques, où la nourriture était toujours distribuée au même emplacement. Certains bacs comportaient un repère visuel à proximité de la zone d’alimentation, une petite tour en briques de construction par exemple, d’autres non.

L’écart est net. Les poissons disposant d’un repère se dirigeaient vers le bon endroit dans 95 % des cas, contre 60 % pour les autres.

Résolution de problèmes et labyrinthes

Culum Brown, chercheur à l’université Macquarie, également en Australie, décrit des capacités plus larges. Les poissons rouges savent selon lui résoudre des problèmes, s’échapper de filets et s’orienter dans des labyrinthes.

Ils parviennent à reproduire ces performances plusieurs mois après l’apprentissage initial, ce qui constitue le point décisif : l’information n’est pas seulement acquise, elle est conservée.

Une autre expérience, menée à l’Institut de technologie d’Israël, a exploité ce principe à des fins pratiques. Des poissons ont été conditionnés pendant un mois à associer un morceau de musique classique à la distribution de nourriture, puis relâchés en milieu ouvert. Cinq mois plus tard, la diffusion de la même mélodie les a ramenés vers le point de nourrissage.

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Source : Futura

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