Massacre dans le Vercors : 60 brebis tuées par des loups, les éleveurs en crise

Une attaque de loups decime un troupeau dans le Vercors

Dans la nuit de jeudi à vendredi, un massacre a eu lieu dans le massif du Vercors, en Isère. Soixante brebis ont été tuées lors d’une attaque menée par une meute de loups. Les éleveurs locaux demandent des mesures renforcées pour protéger leurs troupeaux.

Les faits se sont produits près de Villard-de-Lans, dans un enclos situé sous le Cornafion, au sein du Parc naturel régional du Vercors. Le troupeau, composé de 450 animaux majoritairement femelles gestantes, était en sécurité dans son enclos. Cependant, les loups ont réussi à pénétrer et à attaquer. Les autres brebis, prises de panique, ont réussi à s’échapper.

Des éleveurs désemparés face à la tragédie

Pour Christelle Guignard, éleveuse, la perte est difficile à accepter. Elle explique avoir élevé ces brebis depuis une dizaine d’années. Lorsqu’elle a découvert le matin la tuerie, elle confie : « C’est des brebis que j’ai élevées depuis une dizaine d’années. Et on arrive le matin comme ça, on a 60 bêtes tuées. Ce n’est plus possible, on craque. »

Malgré la présence de clôtures et de dispositifs lumineux censés faire fuir les prédateurs, les loups ont réussi à envahir le troupeau. Depuis l’attaque, le frère de Christelle, Jean-Luc, surveille les animaux chaque nuit, craignant une nouvelle attaque.

Les éleveurs dénoncent la forte présence de loups dans la région. Ils réclament des mesures plus strictes pour réguler la population de prédateurs. Une situation d’autant plus difficile que, seulement un mois et demi auparavant, un autre troupeau avait été décimé à Bouvante, à une quarantaine de kilomètres.

Une opération d’évacuation des carcasses par hélicoptère

La gestion des loups en France est encadrée par la préfecture et l’Observatoire français de la biodiversité (OFB). Depuis le début de l’année, 216 loups ont été abattus dans le pays dans le cadre de ces régulations.

Sur place, deux agents de l’OFB ont été mobilisés pour rassembler les carcasses des brebis tuées. Ces cadavres doivent être évacués par hélicoptère ce lundi 12 octobre. Cette opération vise à limiter les risques sanitaires, notamment en raison de la proximité d’un cours d’eau et de captages d’eau potable dans la zone.

Christelle Guignard a déjà connu plusieurs attaques de loups, mais celle-ci est particulièrement importante par son ampleur. Selon les experts, cette situation pourrait s’expliquer par la période de l’année, durant laquelle les jeunes loups apprennent à chasser. Ces jeunes loups tuent souvent sans manger la viande, ce qui complique la gestion de leur population.

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