Perte d’un animal : un espace d’écoute pour soulager la douleur

Perdre son animal de compagnie est souvent une expérience très douloureuse, surtout lorsque l’on a partagé plusieurs années de sa vie avec lui. Que le décès soit soudain ou attendu en raison d’une maladie, il suscite une vague d’émotions : tristesse, douleur, colère, culpabilité ou désarroi. Pourtant, beaucoup évitent d’en parler, craignant d’être mal compris ou jugés.

Un espace d’écoute pour accompagner la douleur

Pour aider ceux qui traversent cette épreuve, Irène Combres a créé la Maison du deuil animalier. Ancienne professionnelle dans de grandes entreprises, elle s’est formée à l’accompagnement du deuil et se consacre désormais au soutien des personnes en deuil face à la perte de leur animal. Elle explique que cette sujet est encore très tabou. Sa pratique consiste à offrir un espace où chacun peut exprimer ses émotions, que ce soit avant, pendant ou après la perte. Elle anime aussi des groupes de parole mensuels dans le cadre de l’association Happy End, pour permettre aux familles de partager leur ressenti.

De plus en plus de personnes cherchent à anticiper cette étape, ce qui peut réellement changer leur façon de vivre leur deuil.

Se préparer à la fin de vie de son animal

Que l’animal soit encore en bonne santé ou en fin de vie, envisager sa mort est difficile. Pourtant, anticiper peut aider à vivre cette étape plus sereinement. Irène Combres insiste sur l’importance de connaître ses droits, notamment concernant les différentes options de crémation ou d’euthanasie, et de préparer le contexte : un lieu calme, une valise prête avec le plaid ou le coussin préféré de l’animal, et une personne de confiance à contacter à tout moment.

Elle souligne que prendre ces décisions à l’avance permet d’alléger la douleur du deuil en évitant de devoir faire face à des choix difficiles dans l’urgence.

Une euthanasie respectueuse et douce

Yessenia Alves Leiva, vétérinaire et fondatrice de Vet’Eden, partage cette vision. Elle propose d’accompagner les familles dans la préparation de cette étape, notamment en permettant à l’animal de mourir chez lui, entouré de ses proches. Elle raconte avoir été bouleversée lors de l’euthanasie de sa propre chienne, chez elle, avec sa famille. Elle insiste sur l’importance de gérer ces moments avec douceur et de former les familles à la communication et à la gestion des émotions, car ce n’est pas quelque chose que l’on apprend en école vétérinaire.

Le choix de l’euthanasie, une étape difficile mais essentielle

Lorsque la maladie progresse et que la souffrance devient trop forte, il peut être nécessaire d’envisager l’euthanasie. La décision est souvent très difficile à prendre, et Yessenia Alves Leiva conseille d’en parler dès que la qualité de vie de l’animal commence à diminuer. Elle recommande d’anticiper cette étape pour éviter la souffrance de l’animal et le stress pour la famille. La préparation de ces moments, dans le confort de la maison, permet de vivre un dernier au revoir apaisé.

Une évolution sociétale nécessaire

Bien que le statut des animaux ait évolué, la société a encore du mal à accepter pleinement leur mort. La loi de 2015 a reconnu leur sensibilité, mais beaucoup continuent à les considérer comme de simples biens. Irène Combres estime que changer notre vocabulaire, en utilisant des termes comme « famille » plutôt que « propriétaire », participe à cette évolution. Elle souligne aussi qu’il n’y a pas encore de congé pour le deuil animalier en France, mais que cette reconnaissance pourrait évoluer dans le futur.

Irène Combres insiste sur l’importance de parler de cette douleur, de ne pas s’excuser de pleurer et d’offrir un espace d’expression. Plus les personnes se sentiront légitimes à exprimer leur tristesse, plus le processus de deuil pourra être apaisé.

Une relation unique, jusqu’à la fin

Selon Yessenia Alves Leiva, l’animal est le seul être dont nous sommes responsables jusqu’à la fin de sa vie. Elle compare cette responsabilité à celle d’un parent pour un enfant, mais en insistant sur le fait que l’animal reste un membre de la famille, dont on n’est pas prêt à se séparer. La première Journée du Deuil animalier sera d’ailleurs organisée à Paris le 21 novembre 2026.

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